Je suis parti en Hongrie suite ŕ une invitation .Vingt jours en hiver. En février. Seul, je n’aurais jamais choisi ce pays.
Trois semaines, cela permet de ne pas ętre un touriste. Cela ne permet pas de parler hongrois, « seule langue que le diable respecte ». Ni d’apprendre l’Histoire.
Je voulais essayer de comprendre quelque chose, de faire quelque chose de vrai.
De l’Histoire hongroise, je savais peu de choses, presque rien, avant mon séjour. Le communisme. Un pays vidé pendant la Seconde Guerre Mondiale d’un habitant sur dix.
Quelques jours avant mon départ de France, l’État français a annoncé, avec les autorités algériennes, la réhabilitation du cimetičre juif d’Oran, laissé ŕ l’abandon depuis l’exil. Je suis parti ŕ Szeged en pensant que je devrais plutôt retourner lŕ bas, y faire un film avec mon pčre.
Je voulais savoir si ce qui a disparu continue d’exister et comment. J’ai beaucoup photographié, ne saisissant pas toujours ce que je faisais.
J’ai compris que nous ne poursuivons que nos obsessions et que, malgré tout, il faut essayer d’ętre juste. Que c’est peut-ętre seulement ainsi que nous pouvons essayer de l’ętre. Ŕ travers nos échecs.
J’ai cherché dans les affaires du médecin chez qui nous logions, pour tenter d’apprendre quelque chose : sur son histoire, son identité. Je suis allé autour des synagogues, j’y suis souvent entré. On peut parfois y trouver une salle d’escrime.
J’ai voyagé avec mes préjugés, mon histoire, et un recueil de nouvelles d’Arthur Schnitzler. J’ai essayé de poser des questions, pas de fournir des réponses.
La vérité est toujours fuyante






















